Belle frayeur !
Latacunga, Equateur. Nous partons en ballade autour d un cratere dans lequel se niche la lagune Quilotoa d un bleu epoustouflant. Apres quelques prises de renseignement, on nous confirme que l on peut faire le tour en 5 heures. Allons-y ! D autant plus qu aujourd hui le soleil est au rdv apres quelques jours d un temps de $!*:,.¿? Bien sur, avant de partir, nous rencontrons quelques personnes nous proposant leur service de guide, les femmes veulent nous vendre gants et bonnets. Merci mais on est deja equipe, et puis un guide pour tourner en rond.... ca devrait le faire.
Nous marchons tranquillement, admirant le paysage magnifique. Nous tendons l oreille et entendons de la musique. Une mini fanfare au milieu de cette nature. C est completement inattendu. Nous nous rejouissons deja. Sur le chemin, au loin, nous apercevons la petite troupe qui avance. Ils s arretent. Nous descendons a leur rencontre. Et la, soudain, 4 chiens courrent a notre rencontre. Oh les gentils toutous... Ouais, babines retroussees, ils nous montrent leurs dents, ils aboient ferocement. On n a jamais eu affaire a des animaux pareils. Un cinquieme arrive, completement haineux. Un des musiciens est a seulement 20m de nous. Ils regardent la scene et ne reagit pas. Le pire est que je suis certaine qu il a excite les chiens sciemment. Je l ai vu leur dire quelque chose et c est suite a ca qu ils ont accouru. Je connais la technique, mon pere s amuse a faire ca avec ma chienne contre les chats qui rodent dans la ferme !!! Bref, j ai vraiment une boule dans le ventre, me baisse pour ramasser des grosses pierres. Les chiens nous font fasse, ne lachent pas l affaire. Julien perd l equilibre, finalement le retrouve, et j ai vu les crocs d un des chiens dangeureusement s approcher de sa cuisse. Mais il lui fait a nouveau face et le chien reprend un peu de distance. Je regarde desesperement vers leur maitre, lui demande d intervenir. Ah, quand meme, voyant que la situation s envenime, il se leve un peu precipitamment pour calmer ses bestiaux. Je lui demande ensuite pourquoi il a fait ca, pourquoi il n a pas reagit avant. Il me regarde avec un pauvre sourire, faisant semblant de ne rien comprendre et hochant la tete.
Gardons notre calme et continuons. Un peu plus loin, nous rencontrons des villageois qui travaillent dans un champ. Nous leur racontons notre tete a tete avec les monstres. Ca leur fait un peu ni chaud ni froid. Ah oui, nous repondent ils, c est dangeureux ici, il faut prendre un guide ! Et bien sur, eux ils peuvent nous guider. C est pas cher. Entre ca ou se faire braquer, quelle difference ? Ah non, on ne va pas se faire prendre en otage. Apres quelques reflexions, nous decidons de continuer. Nous n allons pas etre victime de la peur, pas question. Armes de pierres et de batons, nous reprenons la route. Au bout d une heure, le chemin n est plus si evident. Forcement, tous les panneaux qui ballisent l endroit ont ete arraches !! Nous decidons de rebrousser chemin. Je ne suis pas tellement enchantee de repasser par l endroit de l incident et prie pour qu il n y ait plus personne. En arrivant au sommet de la crete, l endroit est vide. Ouf ! Nous avancons doucement, descendons la pente puis commencons a remonter. Et la, on entend les aboiements. Ouahhh ! Non, tout mais pas ca. J avoue, je ne fais pas la maligne. Les chiens viennent de plus loin. Pas de maitres a l horizon. Avec nos batons, nous sommes un peu plus impressionnants que la premiere fois mais eux sont toujours aussi hargneux. Au bout de 3 minutes, un a un, ils commencent a se calmer et s en vont, (ouf !) a l exception de la petite terreur du groupe qui ne nous lache pas. Au bout de 5 minutes, il est toujours la en train de nous montrer sa machoire. De notre cote, erreur strategique, nous sommes bloques, on a un precipice derriere nous ! On apercoit au loin le groupe de musiciens. Julien leur crie d intervenir. Peniblement il y en a un qui se deplace. De l autre cote, une petite fille devale 4 a 4 la pente. Elle arrive au niveau du chien. Il se calme et s en va. Et la, elle nous demande une recompense ! Mais bien sur !
Nous terminons un peu refroidi. Arrives au petit village, on raconte un peu notre histoire, essayons de comprendre. Toujours la meme reponse, bais oui, il faut prendre un guide ! C est quoi cette mafia organisee ! On paye l entree du site, pourquoi donc ? Il faut maintenant trouver un moyen pour redescendre. Il y a quelques camionnettes, mais les prix annonces sont exhorbitants. 15 km nous separe du village principal ou la, on doit reprendre une connexion pour Latacunga. Finalement, on attend un peu. Tout d un coup on voit un bus passe. Mais pourquoi, personne, mais alors personne (ni a Latacunga, ni dans les guides, ni au village) ne nous avait parle de ce bus !!! Coup du transport divise par 10 et plus confortable qu a l arriere d un pick up !
Bref, l excursion vaut le detour (superbes vue sur la route du volcan Cotoplaxi), mais pas dans ces conditions. Apres le Perou, nos contacts avec les equateuriens sont mitiges. Nous avons rencontres des gens vraiment adorables mais des experiences du genre laisse un petit gout amer. Mais bon, aujourd hui est deja un autre jour et l aventure continue ! Profitons de nos 20 derniers jours !!!!!!!!!!